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Fédération Nationale des Associations de Parents d’Élèves
de Conservatoires et écoles de musique, de danse et de théâtre.
Depuis 1956

Le Mot du Président

Thierry Boccamaïello, président FNAPEC 

Thierry Boccamaïello, président.

Organiste ama­teur et pré­sident de l’Apec du conser­va­toire Pierre Barbizet de Marseille où quatre de ses enfants ont fait leurs études, il est éga­le­ment pré­sident de l’Union régio­nale Paca.

La Fnapec a toujours gardé l’esprit fantassin

 

La Fnapec, crée en 1956, peut être aujourd’hui fière de ses acquis qui ont consi­dé­ra­ble­ment aidé à l’amélioration de l’enseignement artis­tique dans les conser­va­toires
en sou­te­nant un ensei­gne­ment exi­geant répon­dant à la demande des familles, sou­cieuses d’offrir à leurs enfants un ensei­gne­ment de qua­li­té par des ensei­gnants qua­li­fiés dans un
cadre bien défi­ni par le Ministère de la Culture qui a tou­jours sou­te­nu la Fnapec en lui attri­buant non seule­ment une sub­ven­tion essen­tielle pour sa sur­vie mais sur­tout une
légi­ti­mi­té aux yeux des ins­tances natio­nales.
Au niveau des poli­tiques d’éducation artis­tique en France, la FNAPEC a joué un rôle moteur en cou­lisses pour moder­ni­ser le sta­tut des élèves et le conte­nu des for­ma­tions. Elle
a notam­ment sou­te­nu la réforme Landowski (1980) qui a pro­fon­dé­ment restruc­tu­ré
l’en­sei­gne­ment musi­cal en France.
Parmi ses vic­toires his­to­riques,
on compte :
 la créa­tion du   « Conservatoirenational supé­rieur musique et danse » de Lyon en 1978,
 la créa­tion de la « sécu­ri­té sociale étu­diant » pour les élèves des conservatoires ;
 le déve­lop­pe­ment des classes à
horaires amé­na­gés CHAM,
CHAD et CHAT ;
 la mise en place des bac­ca­lau­réats spé­cia­li­sés, comme le bac S2TMD,
 la créa­tion d’une Assurance
spé­ci­fique pour les musi­ciens, la SMAMMM, mutuelle d’as­su­rance des
musi­ciens et des métiers de la musique ,
 la créa­tion du diplôme d’État de
pro­fes­seur de musique,
 la créa­tion du diplôme de DUMISTE, diplôme uni­ver­si­taire de musi­cien intervenant,
 le vote de la loi sur la danse,
 le vote sur la loi sur les ensei­gne­ments artistiques.

Plus récem­ment, la FNAPEC
est pré­sente au sein des ins­tances natio­nales, notamment
 au comi­té de sui­vi du sché­ma
natio­nal d’o­rien­ta­tion
péda­go­gique du minis­tère de la
culture,
 et au comi­té d’ac­com­pa­gne­ment de l’en­quête sur les conser­va­toires menée par la
Cour des comptes, où elle est force de réflexion et de pro­po­si­tion.
Elle s’en­gage enfin sur des sujets
d’ac­tua­li­tés majeurs, comme le plan de lutte contre les vio­lences sexistes et sexuelles dans la culture, le pro­blème du décro­chage des enfants au moment de l’a­do­les­cence ain­si que le sujet de la pra­tique en amateur.

Si le nombre d’association de parents d’élèves adhé­rentes a beau­coup évo­lué au cours de ses der­nières années pour atteindre un creux dans les « années covid » où cer­tains
béné­voles se sont décou­ra­gés dans un contexte assez sin­gu­lier, la Fnapec par le biais de ses der­nières actions a vu l’adhésion de dix nou­velles asso­cia­tions en moins de deux ans.
Malgré ce par­cours, la Fnapec est aujourd’hui mena­cé par une pépite, ce petit caillou insi­gni­fiant qui entrave la marche de toute une armée et qui repré­sente un réel dan­ger :
le renou­vel­le­ment de la sub­ven­tion du Ministère de la Culture est actuel­le­ment incer­tain.
Cette sub­ven­tion si petite aux yeux du bud­get du Ministère mais si impor­tante pour nous pour­rait avoir l’effet d’un caillou dans nos san­dales et ain­si ralen­tir notre marche.

Mais sur­tout au delà de cette somme de dix mille euros essen­tiels pour notre sur­vie, nous pou­vons perdre notre légi­ti­mi­té aux yeux des ins­tances natio­nales, et cela pour­ra nuire à la repré­sen­ta­tion des asso­cia­tions de parents d’élèves de conser­va­toires et écoles de
musique, de danse et de théâtre au niveau natio­nal.
Alors gar­dons l’esprit fan­tas­sin et si cette pépite devrait ralen­tir notre marche, nous conti­nue­rons notre che­min ensemble et res­te­rons fidèles aux objec­tifs de la FNAPEC :
coor­don­ner les efforts des asso­cia­tions locales de parents d’élèves en vue de recher­cher et d’étudier toutes les amé­lio­ra­tions pos­sibles de l’enseignement
artis­tique dans l’intérêt des élèves.
Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, rejoi­gnez-nous car ensemble nous serons plus forts et irons plus loin.

Alors je me pose cette question : mais qui a pu dire que l’esprit fantassin n’existait plus !

Thierry Boccamaïello, pré­sident, octobre 2026.

Pourquoi la FNAPEC aujourd’hui ?

La Fnapec fait face aujourd’hui au fléau des temps modernes : l’isolement.

 La socié­té moderne dans laquelle nous vivons impose aux familles un rythme de vie effré­né. Du fait de l’éloignement des dif­fé­rentes ins­ti­tu­tions sco­laires et para-sco­laires qu’elles ont choi­sies pour leurs enfants, elles se lancent tous les jours dans un véri­table marathon.

Ce tour­billon dans lequel nous sommes entrai­nés, véri­table fléau des temps modernes, brise sou­vent notre lien social et nous entraine à l’isolement, le replis. La consé­quence est le manque d’engagement per­son­nel pour des causes nobles comme celle qui nous concerne ici : la défense de l’enseignement artis­tique de nos enfants.

Le monde tourne, mais la famille demeure. C’est sur ce point que la FNAPEC veut aujourd’hui s’appuyer.

Les gou­ver­ne­ments, les idées, les bud­gets changent, mais les besoins res­tent les mêmes. Dans un monde où l’écoute musi­cale évo­lue sans cesse, le concert et la pra­tique musi­cale sont désor­mais en concur­rence avec le foi­son­ne­ment des musiques enre­gis­trées qui se bana­lisent. Avec l’apparition de tech­no­lo­gies de plus en plus per­for­mantes l’adolescent est au centre de véri­tables enjeux éco­no­miques et éphé­mères, et rares sont les moments où il peut fixer son atten­tion. En s’introduisant par­tout dans nos vies, la dif­fu­sion sonore devient agres­sive et nous empêche de réfléchir.

Voilà pour­quoi ins­crire son enfant dans un conser­va­toire aujourd’hui est un enjeu salu­taire, car l’enseignement de la musique l’aide à déve­lop­per ses capa­ci­tés de juge­ment et son esprit cri­tique, et à tirer par­ti de la per­cep­tion des sons plu­tôt que d’en res­ter dépen­dant afin de pou­voir effec­tuer des choix per­son­nels dans le vaste éven­tail des musiques qu’il peut jouer et écouter.

L’art dra­ma­tique, la danse et les arts plas­tiques dont l’enseignement per­met de la même façon d’aider l’adolescent à se posi­tion­ner dans une socié­té en per­pé­tuel mou­ve­ment sont éga­le­ment des choix salutaires.

Cependant les ins­ti­tu­tions char­gées de cet ensei­gne­ment artis­tique res­tent fra­giles, repo­sant sur des bases instables sou­vent sou­mises aux déci­sions et orien­ta­tions des gouvernants.

Les familles sont les prin­ci­paux acteurs qui doivent pou­voir prou­ver aux diverses col­lec­ti­vi­tés qu’un conser­va­toire est un atout pour une com­mune, une ville, un dépar­te­ment, une région.

Contrairement aux idées reçues les conser­va­toires ne sont pas réser­vés à une élite, néan­moins si leur accès se res­treint, ils y seront voués.

Quant aux écoles de musique, les grandes oubliées, elles ferment leurs portes les unes après les autres, par manque de sub­ven­tions et de reconnaissance.

Elles sont pour­tant un acteur indis­pen­sable dans l’équilibre de l’enseignement artis­tique d’une cité en per­met­tant à cha­cun d’apprendre la musique et le chant de façon non aca­dé­mique dans une struc­ture dif­fé­rente avec des moyens dif­fé­rents et sur­tout la même volon­té de par­ta­ger cette pas­sion que cha­cun a pour son art.

Voilà pour­quoi la pré­sence des APEC est pri­mor­diale dans ces éta­blis­se­ments pour main­te­nir l’enseignement artis­tique dans nos cités.

Plus les APEC seront nom­breuses à se fédé­rer, plus la FNAPEC aura de la cré­di­bi­li­té auprès de ses partenaires.

Cela implique inévi­ta­ble­ment un enga­ge­ment sup­plé­men­taire pour les familles sur les­quelles la FNAPEC compte aujourd’hui, mais nous devons mon­trer notre déter­mi­na­tion et notre exi­gence quant au main­tien de cet ensei­gne­ment qui nous est cher.

Thierry Boccamaïello, pré­sident. Novembre 2024.